« Lorsqu’il prépare une traversée, le navigateur ne commence pas par lever l’ancre. Il commence par sortir ses cartes…. »
Il cherche à comprendre où il se trouve, quelles sont les routes possibles, quels sont les obstacles et les opportunités qui l’attendent.
Curieusement, dans la vie professionnelle, nous faisons souvent l’inverse.
Lorsque l’envie de changer de métier apparaît, beaucoup cherchent immédiatement des offres d’emploi, des formations ou des idées de reconversion.
Ils regardent devant eux……sans vraiment savoir d’où ils partent.
Pourtant, la première étape consiste rarement à chercher un nouveau métier.
Elle consiste à mieux connaître ses propres ressources.
Nos compétences sont souvent invisibles… pour nous-mêmes
Après plusieurs années dans un même emploi, il est fréquent de penser :
« Je n’ai rien de particulier à proposer. »
Ou encore :
« Je ne sais faire que ce métier. »
C’est presque toujours faux. Au fil de notre parcours, nous accumulons bien davantage que des connaissances techniques.
Nous développons des savoir-faire, des méthodes de travail, une manière de résoudre les problèmes, de communiquer, d’organiser, de convaincre, d’apprendre.
Nous acquérons aussi des qualités personnelles qui font souvent la différence :
- écouter ;
- coopérer ;
- analyser ;
- décider ;
- transmettre ;
- gérer des situations complexes ;
- rassurer ;
- négocier ;
- faire preuve de créativité ou de rigueur.
Ces compétences deviennent tellement naturelles que nous finissons par ne plus les voir.
Une compétence n’est pas un diplôme
Nous avons longtemps résumé une personne à son diplôme ou à son métier.
Pourtant, deux personnes occupant exactement le même poste peuvent mobiliser des compétences très différentes : L’une excellera dans l’analyse l’autre dans la relation humaine, une troisième dans l’organisation.
Le métier est identique mais les ressources mobilisées ne le sont pas.
La compétence ne se limite pas à ce que l’on sait. Elle réside dans la capacité à mobiliser ses ressources de manière pertinente dans une situation donnée.
Cette idée change profondément notre manière d’aborder une évolution professionnelle.
Les compétences transférables : notre véritable passeport professionnel
Lorsque l’on change de direction, tout ne change pas et heureusement!!
Ce qui nous accompagne, ce sont nos compétences transférables.
Prenons quelques exemples.
Un responsable de magasin ne maîtrise pas seulement la vente.
Il sait aussi :
- organiser une activité ;
- gérer des priorités ;
- accompagner une équipe ;
- résoudre des conflits ;
- analyser des indicateurs ;
- satisfaire des clients.
Ces compétences peuvent être mobilisées dans de nombreux autres contextes.
Il en va de même pour un enseignant, un infirmier, un technicien, un artisan, un commercial ou un manager.
Changer de métier ne signifie donc pas repartir de zéro, c’est souvent réinvestir autrement ce que l’on sait déjà faire.
Les cartes doivent être régulièrement mises à jour
Une carte marine ancienne peut devenir dangereuse et ne dit-on pas : la carte n’est pas le territoire..
De nouveaux ports apparaissent, les chenaux évoluent, les profondeurs changent.
Et bien , il en est de même pour nos compétences, certaines deviennent essentielles ,d’autres perdent progressivement de leur valeur.
L’intelligence artificielle, le numérique, la transition écologique ou les nouvelles formes de travail modifient les attentes des entreprises.
Faire régulièrement le point sur ses compétences devient donc une nécessité, et non plus un simple exercice réservé aux périodes de crise.
Faire un inventaire avant de choisir un nouveau cap
Avant de décider d’une nouvelle direction, quelques questions méritent d’être posées.
- Quelles sont mes compétences les plus solides ?
- Quelles sont celles que j’aime utiliser ?
- Lesquelles sont reconnues par les autres ?
- Quelles compétences pourrais-je transférer vers un autre métier ?
- Lesquelles devrais-je développer pour atteindre mon objectif ?
Cet inventaire constitue la véritable carte de navigation de toute évolution professionnelle.
Il permet d’éviter les décisions prises sous le seul effet de l’émotion ou de la lassitude.
Le bilan de compétences : bien plus qu’un inventaire
Contrairement à une idée reçue, un bilan de compétences ne consiste pas uniquement à dresser la liste de ce que l’on sait faire.
Il permet de mettre en perspective son parcours, d’identifier les compétences parfois invisibles, de révéler les ressources mobilisables et de construire un projet cohérent avec les réalités du marché du travail.
Autrement dit, il aide à lire sa propre carte avant de prendre la mer.
Parce qu’un navigateur expérimenté le sait bien :
- Ce n’est pas la destination qui garantit la réussite d’une traversée.
- C’est la qualité de la préparation.
Et cette préparation commence toujours par une bonne connaissance de ses propres ressources.
Et vous ?
Si vous deviez dresser aujourd’hui la carte de vos compétences, découvririez-vous de nouveaux territoires… ou utilisez-vous encore toujours les mêmes routes professionnelles ?

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