Dans notre imaginaire collectif, une carrière réussie est une carrière qui avance.
Toujours, sans interruption, sans hésitation, sans détour.
Nous valorisons le mouvement permanent. Nous admirons ceux qui enchaînent les responsabilités, les promotions, les projets.
Et pourtant…
Quel navigateur entreprendrait une longue traversée sans jamais faire escale ?
Aucun.
« Les escales ne sont pas des retards, elles font partie du voyage! »
Pourquoi en serait-il autrement pour nos parcours professionnels ?
L’illusion de la course permanente
Le monde du travail nous pousse souvent à aller toujours plus vite : Plus de projets, plus de responsabilités, plus de compétences, plus de réactivité.
Nous finissons parfois par avancer… sans nous demander si nous allons encore dans la bonne direction.
Combien de personnes poursuivent une carrière qui ne leur ressemble plus, simplement parce qu’elles n’ont jamais pris le temps de s’arrêter ?
Une escale n’est pas un renoncement
Faire escale ne signifie pas abandonner son projet.
Cela signifie accepter de prendre du recul, observer, réfléchir, réparer ce qui doit l’être, reprendre des forces, vérifier que le cap choisi est toujours le bon.
Dans la vie professionnelle, ces moments prennent des formes très différentes : Une formation, un congé, une mobilité interne, un bilan de compétences, un coaching, une année de césure, une mission différente ou tout simplement quelques heures consacrées à réfléchir à son avenir.
Nos vies changent… nos projets aussi
À vingt-cinq ans, nous ne recherchons pas toujours les mêmes choses qu’à quarante ou à cinquante ans.
Nos priorités évoluent et nos contraintes aussi : une naissance, un déménagement, un problème de santé, l’envie de transmettre, le besoin de retrouver du sens,…Autant d’événements qui peuvent nous conduire à revisiter notre trajectoire.
Vouloir maintenir coûte que coûte un projet devenu inadapté n’est pas un signe de persévérance.
C’est parfois une manière de s’éloigner de soi-même.
Les escales permettent de réparer le bateau
En mer, les escales servent aussi à entretenir le navire : changer une voile, contrôler le moteur, faire le plein, réparer ce qui a été fragilisé par la traversée.
Nous faisons rarement la même chose avec nous-mêmes, nous continuons à avancer malgré la fatigue, malgré le doute, malgré le stress, malgré la perte de motivation,…Jusqu’au jour où le corps ou l’esprit imposent une halte que nous n’avions pas choisie.
Peut-être gagnerions-nous à considérer ces moments de pause non comme des signes de faiblesse, mais comme des actes de prévention.
S’arrêter pour mieux regarder l’horizon
Une escale est aussi l’occasion d’observer le paysage.
Le monde du travail évolue rapidement, les métiers changent, les organisations se transforment, de nouvelles opportunités apparaissent.
« Prendre le temps d’observer ces évolutions permet souvent de découvrir des chemins auxquels nous n’aurions jamais pensé »
Le recul est parfois le meilleur accélérateur.
Le bilan de compétences : une escale stratégique
Beaucoup de personnes entreprennent un bilan de compétences parce qu’elles traversent une période d’incertitude.
Mais peut-être devrions-nous changer de regard.
Et considérer le bilan non comme une réponse à une crise, mais comme une escale stratégique.
- Un moment choisi.
- Un temps de réflexion.
- Une occasion de mieux comprendre son parcours, ses ressources, ses aspirations et les possibilités qui s’offrent à soi.
Comme le navigateur qui consulte ses cartes avant de reprendre la mer, chacun peut bénéficier d’un temps pour faire le point avant de poursuivre sa route.
Repartir… autrement
Une bonne escale ne change pas toujours la destination.
Parfois, elle confirme simplement que le cap est le bon.
Parfois, elle conduit à modifier légèrement la route.
Et parfois, elle ouvre la voie à une traversée totalement différente.
Dans tous les cas, elle permet de repartir avec davantage de lucidité, d’énergie et de confiance.
Au fond, le plus grand risque n’est peut-être pas de s’arrêter.
Le plus grand risque est de continuer à avancer sans jamais prendre le temps de se demander où l’on souhaite réellement aller.
Parce qu’en matière de navigation professionnelle, comme en mer, les plus belles traversées sont rarement celles qui se font sans escale.
Et vous ?
À quand remonte votre dernière véritable escale professionnelle ?
Pas un changement de poste ou des vacances : une véritable parenthèse pour réfléchir à votre trajectoire et choisir, en conscience, la suite de votre voyage.

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